« Ménopausées » – un spectacle pour libérer la parole sur la ménopause

Par Zoe Leonard

Parler de ménopause sur scène ? Un projet réussi par l’équipe de « Ménopausées » dont le spectacle subtil, élégant et optimiste a attiré les foules y compris les hommes.

Ce soir au théâtre de La Vénerie à Bruxelles, on joue à guichet fermé la pièce « Ménopausées ».

Un spectacle pour être ensemble, libérer la parole, rire, dire ce qu’on ne pouvait pas dire, montrer ce que l’on cachait jusqu’ici.

Trois acteurs jouent différents scénarii de ménopause basés sur une cinquantaine de témoignages recueillis par les auteures de la pièce, Caroline Safarian et Dominique Patuelli :

  • La femme foudroyée par une bouffée de chaleur en plein meeting client qui pense à se jeter par la fenêtre mais qui préfèrera prétendre un malaise vagal, troquant ainsi le dégoût de ses collègues pour de l’inquiétude
  • La femme de 48 ans qui s’éveille enfin à ses pulsions sexuelles sous l’effet du changement hormonal
  • La femme qui « sue » – quand elle perd ses clés ou quand elle s’engueule avec son fils
  • La femme qui s’avoue enfin à voix haute qu’elle est pré-ménopausée et qui n’en a pas touché mot à son mari
  • Celle qui fait le bilan de 41 années de menstruations
  • Celle qui est fatiguée, n’a pas envie, pas le courage
  • Celle qui vit bien sa perte de fertilité biologique grâce à sa « gestation » de projets et de compositions musicales
  • Le conjoint bienveillant
  • Le conjoint qui s’en va
  • etc.

La mise en scène est élégante, le texte tout en finesse, le jeu des acteurs épatant. L’audience est aspirée pendant plus d’une heure dans un monde de femmes, de couples, d’amour, de larmes et de rires, de crises, de doutes, de remise en questions et aussi de renouveau et de délivrance – « la ménopause c’est le moment de rêver ».

Trois acteurs sont donc sur scène, deux femmes et un homme. Cet homme joue le partenaire ou parfois une femme qui se fait servir le lot commun des femmes quand on leur parle de leurs règles, leurs hormones, leurs humeurs.

Les hommes sont aussi dans la salle. Par exemple cet homme devant moi, c’est lui qui a entendu parler de la pièce et il y a invité sa femme. Avant que le rideau ne s’ouvre il l’enlace comme pour l’encourager : « ça va ma chérie ?».

Les « meilleurs » des hommes sont sûrement ceux qui sont dans la salle ce soir concluent les spectatrices pendant le débat qui suit le spectacle. La discussion de ce débat tourne autour du tabou de la ménopause « qui explique sûrement le succès de la pièce », le parfois piètre service du corps médical ou en général le désintérêt de la société du problème de la ménopause.  « Encore une maltraitance faite aux femmes ». « Il faut se mobiliser pour parler de la ménopause. »

A la sortie du théâtre les femmes sont ragaillardies – les hommes et les plus jeunes spectateurs sont sereins et d’accord qu’il faille sensibiliser, en parler plus.

L’équipe du spectacle a également invité les spectateurs à témoigner de leur expérience de la ménopause sur leur site – une très belle collection a été recueillie et vous pouvez la consulter ICI.

La semaine prochaine sur Rouge Grenade – retrouvez l’interview de Caroline Safarian, co-auteure et metteuse en scène de Ménopausées.

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