Le rôle du gynécologue par le docteur Véronique Cayol

Par Zoe Leonard

Le docteur Véronique Cayol est gynécologue obstétricien à Paris. Elle nous parle de son accompagnement des patientes à la ménopause.

 

  1. Quel rôle jouez-vous auprès de vos patientes au moment de leur ménopause ?

Je joue essentiellement un rôle d’information. Je prends le temps d’expliquer ce qu’est la ménopause et comment elle peut être gérée. J’explique la polémique liée au traitement due à certaines études américaines qui datent de 2004. Je rassure mes patientes : elles seront très bien avec un traitement hormonal et, non, la ménopause n’est pas du tout le début de la fin. Elles sont en effet souvent inquiètes : elles pensent au vieillissement, elles pensent qu’elles deviennent moins désirables, qu’elles n’auront plus de libido etc. Elles ont souvent l’impression d’être subitement aussi vieilles que leur mère.

Je leur parle beaucoup et je les interroge : je fais le jour sur certains symptômes dont elles ne parlent jamais – sécheresse vaginale, fuites d’urine etc. Et je leur dis « on va trouver une solution à chaque symptôme ».

  1. Vos patientes, viennent-elles à vous en se sachant ménopausée ou découvrent-elle ce changement dans votre cabinet ?

Les deux : certaines femmes viennent consulter et me disent « j’ai des bouffées de chaleur c’est horrible ». Dans ces cas-là je vais souvent leur prescrire un traitement hormonal et dans le 48H les symptômes vont s’estomper voire disparaître. Ces femmes viennent me voir défaites : elles n’ont pas dormi depuis des nuits, elles souffrent de sueurs nocturnes sévères etc. Quand je les revois trois mois après l’initiation du traitement, elles sont magnifiques.

Pour mes autres patientes, la plupart sont suivies une fois par an, ce qui nous permet d’anticiper la ménopause, de la voir venir. Il n’y a pas d’urgence à commencer le traitement. J’invite ces patientes que j’identifie comme ménopausées à revenir me voir 6 ou 12 mois plus tard pour décider de la pertinence d’un traitement.

  1. Ce diagnostic de ménopause, comment est-il reçu ?

Pour certaines femmes, cela tombe comme un « verdict » très négatif, pour d’autres c’est neutre et pour d’autres encore c’est un soulagement ! J’essaie toujours d’adoucir l’annonce en détaillant l’accompagnement que je peux leur offrir.

  1. Quelles sont les idées reçues les plus extravagantes sur la ménopause ?

Rien d’extravagant mais il y a quelques idées reçues sur la diminution de la féminité et de la libido. La ménopause n’est pas la fin de la sexualité ! Je rassure mes patientes « avec la prise d’un traitement hormonal, tout va être comme avant » ; elles le constatent très vite. Pour celles qui ne désirent pas ou ne peuvent prendre le traitement hormonal, d’autres solutions existent comme les lubrifiants ou œstrogènes locaux etc.

  1. Quelles sont les principales préoccupations des femmes à l’entrée dans la ménopause ?

Le poids. Très souvent mes patientes me disent « j’ai pris deux kilos et j’ai du mal à les perdre » – je leur explique que la prise de poids à la ménopause est normale mais pas inévitable : si elles font attention elles peuvent au moins éviter que cela s’accentue mais il est illusoire de croire que nous pouvons retourner dans le jean taille 38 de nos 35 ans. Les études montrent que les femmes prennent 10 kilos en moyenne entre 18 et 45 ans.

Je précise également que ce n’est pas le traitement mais la ménopause qui est responsable de la prise de poids.

Mes conseils à ces femmes sont de surveiller l’alimentation et de faire du sport deux fois 45 minutes par semaine au minimum.

  1. Quelles sont vos trois principales recommandations – à vos patientes ou amies – pour bien vivre la ménopause ?

Alimentation, sport et puis… des robes – pour la féminité !!!!!

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